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Lectures partagées

Sur cette page, vous pourrez lire mes notes de lecture concernant des livres que j'ai pu apprécier... ou moins.

Libre à vous si vous le souhaitez, d'y publier vos propres notes et commentaires.

 

 

 LE VENT TOURNE, SIBYLLE GRIMBERT, LEO SCHEER 2011

 

Un dîner chez Marianne.
Benjamin, la trentaine, s'attendait à haïr ces gens qui ne lui ressemblent pas. Pourtant, dans l'état d'esprit qui est le sien, il se surprend  à les apprécier, les aimer. N'est-il pas des leurs, quand il envisage soudain de remplacer son père aux commandes de l'entreprise de salle de bain,  son père qui est peut-être en prison pour avoir giflé sa compagne en plein supermarché?
Edmond sent que cette soirée ne sera pas bonne: il est vieux et Véra lui échappe.
C'est pour ces deux personnages que cette soirée mondaine, initialement prévue bourrée de protocoles et d'attidudes convenues, d'échanges entre gens bien intégrés, va dégénérer.
Benjamin n'est pas intégré, son père dit de lui qu'il ne ferait rien, n'irait nulle part et ne serait rien sans cette place qu'il lui laisse dans sa boîte, lui qui a réussi.
Etouffant, ce père, c'est peut-être pour cela que Benjamin voudrait qu'il disparaisse...
C'est l'heure de la révolte, au milieu de ces gens trop bien et trop sûrs d'eux. Benjamin bouscule les codes et les tables, sème une pagaïe sans nom, illumine la soirée de sa folie.
Vera aussi, elle a envie de changer d'air, de savoir si elle peut encore séduire. Edmond n'imagine pas la vie sans elle...

Centrée autour des tourments de ces deux hommes, ce roman est écrit de manière assez particulière, en deux parties fort inégales.
La soirée et ses dérapages, les mouvements de chacun et leurs mots nous entraînent dans un maelström qui donne le vertige, mais sans qu'on puisse trouver l'issue avant que l'auteure ne nous la donne: la soirée tourne court après l'arrivée de Frédéric, père de Benjamin, qui reprend son fils en main...

Un peu dense, un peu touffue, un peu floue même, cette mise en scène n'amène rien avant que l'auteure ne nous recentre sur Benjamin et sur ce qui a motivé son comportement somme toute asocial.
C'est l'axe principal de ce livre: la souffrance de ce jeune homme qui n'est rien au regard de son père alors qu'il aurait aimé être quelqu'un.
Il hait, sa révolte passée, cette lâcheté qui le maintien sous sa coupe.Il revient néanmoins, calmé, à "la jolie couleur de la résignation"...

 

J'ai choisi ce livre pour une raison majeure: le nom de l'éditeur, que je sais être réputé sérieux et qui offre de jolis petits bouquins, non seulement bien faits, mais à lire des auteurs très sérieux et talentueux.
Il y a effectivement, un énorme travail d'écriture et Sibylle Grimbert jongle avec ses personnages à nous perdre. Elle cultive un art de la métaphore fort agréable et use d'un vocabulaire soigné.
Un petit bémol néanmoins: il est difficile de se retrouver dans la première partie, avec trop de détails et de personnages, alors que le simple cheminement de Benjamin nous aurait suffit. On ne le retrouve vraiment qu'en fin de livre, et c'est là que tout s'éclaire.
Dommage.

 

 

COMME TON OMBRE ELISABETH HAYNES, PRESSES DE LA CITE 2011

Londres, 2003- Le videur du River est séduisant. Catherine Bailey, jeune femme délurée qui consomme les hommes comme l'alcool tombe sous le charme du mystérieux Lee. Tour à tour habillé comme un prince ou crasseux comme un pou, il se révèle être un amant aussi exigeant qu'absent… et policier.

Londres, 2007- Après avoir vérifié six fois les portes et fenêtres, et tourné pendant des heures au rythme de ses nombreux tocs, Catherine s'endort souvent épuisée. Elle ne fait les courses que les jours pairs et ne met rien à cuire les jours impairs... En panne de thé, elle frappe à la porte de son voisin du dessus, Stuart, pour lui emprunter quelques sachets.Le passé et le présent de la jeune femme, au début de l'ouvrage bien scindés, se rejoignent en cours de lecture et permettent de mieux comprendre la démarche d'Elisabeth Haynes, anglaise et analyste criminelle pour la police britannique:pour son premier roman -une réussite il me semble-, elle nous relate comment la vie d'une femme a basculé. Sous la coupe d'un homme manipulateur et violent, elle a longtemps subi les abus de son amant qui l'aurait tuée, si elle n'avait eu un minimum de chance. Mais la vie n'est plus la même après deux séjours en hôpital psychiatrique, alors que son bourreau s'est arrangé pour lui faire perdre amis et relations, joie de vivre et santé, Catherine Bailey tente de se reconstruire et se bat contre tous ces gestes compulsifs et obsessionnels qui lui pourrissent la vie. Dans cette tentative, c'est Stuart, le gentil voisin, qui va l'aider de son mieux: il est psychologue clinicien et tait lui-même une énorme blessure affective.L'écriture est moderne, le ton libre et le verbe souvent cru, mais on retient au-delà des dialogues et scènes, parfois odieux de violence, cette maîtrise de l'intrigue et de l'analyse qui cernent bien un sujet grave et encore souvent tabou:« Jusqu'à récemment, je trouvais que les femmes qui se laissaient maltraiter étaient des imbéciles... A présent, je les comprenais: ce n'était pas si simple de rompre. »(p262). C'est vite résumer le drame que vivent encore de nos jours certaines femmes et c'est en cela que ce livre, qui contient bien plus, est intéressant. Il ne s'agit là que d'une fiction, mais qui nous renvoie volontiers à un sujet toujours trop actuel.On peut souligner le courage et le talent de l'auteur, qui nous sert là un néanmoins vrai bon roman.

 

 

LE VIEUX QUI NE VOULAIT PAS FÊTER SON ANNIVERSAIRE, JONAS JONASSON, 2011

Jonas Jonasson est un jeune écrivain puisqu'il s'agit là de son premier roman. Il est suédois et journaliste.

Suédois comme son personnage, que l'on découvre à l'aube de ses cent ans, un âge respectable que la maison de retraite où il réside a décidé de fêter avec faste et nombre d'invités de marque.Cela ne plaît pas à Allan Karlsson, qui déteste ce genre de simagrées. Inculte et apolitique, le vieillard préfèrerait de loin aller boire un petit coup.Il ne lui faut pas longtemps pour décider de tenter de s'échapper et saute par la fenêtre de sa chambre, affublé de ses charentaises.C'est ainsi accoutré qu'il rejoint la gare de Malmkôping, d'où il prend le bus pour Birynge, autre gare, moins fréquentée. Au passage, et songeant y trouver vêtements et chaussures, il a embarqué la valised'un jeune homme dégingandé aux cheveux blonds longs et gras, à la barbe clairsemée et portant une veste en jean avec dans le dos l'inscription Never Again...C'est le début d'aventures rocambolesques pour notre centenaire, tandis que derrière lui on s'inquiète en premier lieu de sa disparition et que la police le recherche, persuadée qu'il s'agit d'un enlèvement.Mais au hasard des rencontres d'Allan avec Julius, puis les membres de Never Again, organisationcriminelle qui tente de récupérer la valise, pleine de cinquante millions de couronnes...et d'autrespersonnages qui finiront par se partager le gâteau (la valise), en bon amis, la police elle-même devra revoir sa copie...Rocambolesques et délicieuses, ces aventures nous sont contées avec un humour féroce que cultiventégalement les personnages, dont Allan lui-même...Mais que sont ces petits tracas d'aujourd'hui au regard du premier siècle de vie du suédois, période qui nous est également rapportée en détails et chronologiquement, entre deux avancées (ou reculs) de l'enquête menée par l'inspecteur Aronsson? D'autant que c'est aussi le temps du bonheur pour Allan, voire de l'amour...En tout cas nul ne peut, comme lui se vanter d'avoir pu "fricoter" tant avec Mao qu'avec Staline, d'avoir ou partagé un repas ou un coup à boire avec Truman ou Franco, d'avoir été le meilleur ami d'AlbertEinstein ou d'une éléphante.Encore moins d'avoir fait exploser sa maison deux fois, d'être expert en la matière et d'avoir donné la recette de la bombe atomique à la fois aux States et à la Russie...Déjanté, fou ou simplement génial, il devient difficile de faire la part des choses dans ce livre fort divertissant et d'une liberté de ton à parfois couper le souffle.Bien sûr, c'est un voyage imaginaire (encore heureux!), mais il fallait du culot et beaucoup d'imagination pour tenter l'aventure de ce roman aux digressions nombreuses, tant dans le style que dans l'intrigue.

Écrit par plume d'oiseau Lien permanent | Commentaires (0)

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